Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que le cessez-le-feu avec l’Iran était « terminé », lors du sommet de l’OTAN qui se tient à Ankara. Cette annonce intervient au lendemain de frappes américaines massives contre plus de 80 cibles en Iran, auxquelles Téhéran a répliqué en visant des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.

« L’Iran est un pays malade », a affirmé Trump devant les dirigeants alliés, sans fournir de précisions sur les prochaines étapes militaires. Ses déclarations marquent une rupture claire avec la trêve qui prévalait depuis plusieurs semaines dans la région, après une période de tensions extrêmes autour du programme nucléaire iranien et des attaques contre des navires marchands dans le golfe Persique.

L’armée américaine a justifié ses frappes par la nécessité de répondre aux tirs qui ont visé trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial. Selon le Pentagone, les cibles détruites comprenaient des sites de lancement de missiles, des dépôts de munitions et des centres de commandement des Gardiens de la révolution iraniens.

En riposte, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir lancé des attaques contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, où les États-Unis entretiennent des installations militaires majeures, notamment la base navale de Manama, siège de la Cinquième Flotte américaine. Les autorités koweïtiennes et bahreïnies n’ont pas encore communiqué de bilan officiel, mais des sources locales font état de tirs de missiles interceptés par les systèmes de défense antiaérienne.

Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà très instable. Depuis plusieurs mois, les États-Unis et l’Iran s’affrontent par alliés interposés au Yémen, en Syrie et en Irak, tandis que les négociations sur le nucléaire iranien sont au point mort. La décision de Trump de mettre fin au cessez-le-feu risque de déclencher une nouvelle phase de confrontation directe entre les deux puissances, avec des conséquences potentiellement graves pour la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Le sommet de l’OTAN à Ankara, initialement consacré aux relations transatlantiques et à la guerre en Ukraine, a été largement dominé par la crise iranienne. Plusieurs alliés européens ont exprimé leur inquiétude face à une escalade incontrôlée et appelé à une désescalade immédiate. La France et l’Allemagne ont notamment demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.

De son côté, l’Iran a dénoncé des « actes de guerre » de la part des États-Unis et promis une réponse « sévère et proportionnée ». Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, dont la dépouille a été transportée lors d’une cérémonie diffusée en direct, n’a pas encore pris la parole publiquement depuis le début des frappes. Son état de santé, déjà fragile, ajoute une incertitude supplémentaire sur la capacité de Téhéran à coordonner une riposte d’envergure.

Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi à l’annonce de Trump, avec une hausse brutale des cours du brut de plus de 8 % en séance, les investisseurs redoutant une perturbation majeure des flux dans le détroit d’Ormuz. Les compagnies maritimes ont commencé à réévaluer leurs itinéraires, tandis que les pays consommateurs, notamment en Asie, surveillent de près l’évolution de la situation.

La communauté internationale reste divisée. Si les alliés proches de Washington, comme Israël et l’Arabie saoudite, ont soutenu les frappes américaines, la Russie et la Chine ont condamné une « violation flagrante du droit international » et appelé à un retour immédiat au dialogue. L’ONU a exhorté les deux parties à la retenue, mais aucun mécanisme de médiation n’a pour l’instant été activé.

Alors que les hostilités ont repris des deux côtés, la question centrale reste celle de la stratégie américaine à long terme. Trump n’a pas précisé s’il envisageait une opération terrestre ou de nouvelles frappes aériennes, mais ses déclarations à Ankara suggèrent une volonté de ne plus limiter la réponse américaine. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si cette escalade peut être contenue ou si elle conduit à un conflit régional de grande ampleur.

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