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Nigeria: le système de santé défaillant pousse les femmes vers l’accouchement traditionnel

Face à un système de santé sous-financé et à des maternités débordées, de plus en plus de Nigérianes se tournent vers des pratiques ancestrales d’accouchement, selon un rapport de Minority Africa.

Nigeria: le système de santé défaillant pousse les femmes vers l’accouchement traditionnel
Face à un système de santé défaillant, des Nigérianes se tournent vers l’accouchement traditionnel

Le Nigeria est devenu le pays le plus dangereux au monde pour accoucher, en raison d’un grave manque de financements dans le secteur de la santé. Pour échapper à des maternités saturées et à des soins jugés impersonnels, de nombreuses femmes se tournent désormais vers des méthodes traditionnelles, encadrées par des herboristes, des grands-mères ou des sages-femmes locales.

Ce constat, rapporté par le média Minority Africa, met en lumière une réalité préoccupante : alors que le pays affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés de la planète, les infrastructures hospitalières peinent à répondre aux besoins. Les hôpitaux manquent de personnel, de médicaments et d’équipements de base, ce qui dissuade les femmes enceintes de s’y rendre, même pour des accouchements à risque.

Face à cette défiance, les pratiques ancestrales retrouvent une place centrale dans de nombreuses communautés. Les sages-femmes traditionnelles, souvent âgées et respectées, transmettent un savoir-faire hérité de plusieurs générations. Elles accompagnent les femmes durant la grossesse, l’accouchement et le post-partum, en utilisant des plantes médicinales et des rituels locaux. Pour beaucoup de Nigérianes, ces méthodes offrent une alternative plus humaine et plus accessible, tant géographiquement que financièrement.

Ce recours à l’accouchement traditionnel n’est pas sans risque. Les autorités sanitaires rappellent régulièrement que les complications obstétricales, comme les hémorragies ou les infections, nécessitent une prise en charge médicale urgente que les pratiques traditionnelles ne peuvent pas toujours garantir. Pourtant, la confiance dans le système hospitalier s’érode, alimentée par des expériences négatives et par la perception d’un manque de considération de la part du personnel soignant.

La situation reflète un paradoxe plus large : le Nigeria, première économie d’Afrique, consacre une part limitée de son budget à la santé publique. Les organisations internationales et les ONG locales multiplient les appels à un investissement massif dans les infrastructures de santé maternelle, mais les progrès restent lents. En attendant, des milliers de femmes continuent de faire confiance à des savoirs ancestraux, faute d’alternative fiable.

Ce phénomène interroge également la place des traditions dans un système de santé moderne. Certains experts plaident pour une meilleure intégration des sages-femmes traditionnelles dans les circuits de soins, afin de combiner leur connaissance des communautés avec les protocoles médicaux de base. Une telle approche pourrait permettre de réduire les risques tout en respectant les attentes culturelles des patientes.

Pour l’heure, le débat reste ouvert, mais la tendance est claire : face à un système défaillant, les Nigérianes réinventent leur rapport à la naissance, entre héritage culturel et nécessité. Une évolution qui en dit long sur les failles du système de santé public et sur la résilience des communautés locales.

Jana Hartmann

Author

Culture Reporter

Jana Hartmann covers public affairs, politics, business, culture and daily news for Hochland. The role focuses on verification, context, and clear explanations for readers.